Si une personne m'avait dit qu'un jour que je voudrais parler de la perte d'un proche. Si une personne m'avait dit que je deviendrai à même de parler de cela à à peine 20 ans. J'aurai sûrement frappé cette personne. Je l'aurais frappé fort et je me serais enfuie, priant pour que jamais cela n'arrive. Mais on le sait tous, la vie n'est jamais comme on aimerait qu'elle soit.

Quoi que l'on souhaite, quoi que l'on fasse, il y a des étapes par lesquelles tout le monde passe. Sa propre naissance, sa première dent, sa première chute, son premier anniversaire. Même la mort est une étape obligatoire. On perd tous quelqu'un à un moment ou à un autre. Un grand-père, son chien, un ami, un parent... On pourrait croire que l'on est préparé à ça à force d'y avoir été confronté depuis petit. Après tout, pratiquement chaque classique de Disney l'évoque : Cendrillon qui perd ses parents, Némo et sa mère, Bambi et sa mère, Simba et son père... Puis on grandit, on passe aux films et séries et c'est la même chose. On nous parle de cancer et d'autres sal*peries de maladies dans Grey's Anatomy, et on assimile bien le fait que des gens peuvent mourir de tout cela. Les autres peuvent de tout ça. Mais pas nous, ni nos proches. C'est inconcevable pour nous de se dire que ça peut nous arriver. Et pourtant...

L'écriture a toujours été pour moi un moyen de poser des mots sur ce que je ressens, ce que je vis. Ça me permet de mettre au clair la tornade de pensées qui vit dans ma tête. Mais voilà, face à la mort, aucun mot ne sort. Presque un an après cela, je commence seulement à devenir lucide, à sortir la tête de l'eau et à pouvoir, le temps d'un article, regarder en arrière pour voir ce que j'ai vécu...

On nous parle des 5 phases du deuil : le choc ou le déni, la colère, la négociation, la douleur et l'acceptation. Chaque personne possédant un cerveau, des sentiments différents, il en sera de même pour la façon dont elle gèrera ce deuil. Pour ma part c'est plutôt clair, j'ai subi (car évidemment je n'ai pas choisi de les vivre) ces 5 phases toutes en même temps à partir du deuxième mois, à des degrés qui pouvaient varier certes, mais elles étaient bien là.

Mais pourquoi seulement qu'à partir du deuxième mois ? Tout simplement car je n'ai pas eu le temps de réaliser quoi que ce soit les premières semaines. Ou plutôt, je me suis interdis de trop me pencher sur ce qu'il venait de se passer. Parce qu'après la mort d'une personne, il y a une montagne de choses qui nous est imposée : l'organisation avec le funérarium, celle de la cérémonie, les choix horribles à faire, les mortuaires à donner, les déclarations à faire à la mairie, aux banques etc etc... On peut me dire que j'ai du courage, je répondrai que je n'avais juste pas le choix. Et quand tout finit par être fait, que tout est à peu près dans l'ordre niveau administratif, le vide s'installe.

A ce moment là, il faut se concentrer sur soi, quitte à être égoïste avec les autres. Ne se forcer à rien, si ce n'est qu'avoir des activités aide énormément à ne pas trop penser. Car trop penser est sûrement le piège a éviter. Bien que fatidique, la perte d'un être cher n'en reste pas moins irréversible, et la seule chose (saine) à faire, c'est d'avancer. Après chacun avance comme il l'entend. S'entourer de ses amis, de sa famille. Faire les sorties qui nous plaisent ou se concentrer sur sa santé en se reposant, en faisant du sport. Regarder des photos, en parler peut être difficile au début, il faut alors se laisser le temps et ne pas se sentir coupable de cela. Car oui, la culpabilité nous rongera. Pour diverses raisons. Mais quand ça sera le moment, il ne faudra ce souvenir que du meilleur et remercier le ciel que l'on ait pu avoir cette personne dans notre vie.